Existe-t-il une possible coexistence harmonieuse entre les œuvres créées par l’humain et celles générées par IA ?
D’après une étude de l’assureur Hiscox, 40 % des collectionneurs prévoiraient en effet au cours
des douze prochains mois d’augmenter leurs acquisitions d’œuvres faites par des IA génératives (GenAI).
Robert Read
Directeur Art et Clientèle Privée
Hiscox UK

L’intelligence artificielle est omniprésente et il ne
semble pas y avoir un seul aspect de notre vie où
elle n’a pas vocation à jouer un rôle. S’agit-il d’une
bonne, d’une mauvaise ou d’une banale évolution
du marché de l’art ? Il est encore difficile de se
prononcer, mais ce rapport constitue une première
tentative pour apporter des éléments de réponse à
cette question. Comment l’IA peut-elle remplacer
la sueur, le labeur et les larmes de l’artiste solitaire
et miséreux travaillant dans son réduit sous les
toits ? Comment pourrait-elle imiter le cheminement
émotionnel, cet élément nécessaire au processus
humain de création ? Existe-t-il une possible
coexistence harmonieuse entre les œuvres créées
par l’humain et celles générées par IA ?
Sans surprise, nos conclusions montrent que les jeunes
collectionneurs sont actuellement plus enclins à s’ouvrir
à l’art généré par IA, mais des questions se posent au sujet
des moyens existants sur le marché de l’art pour protéger
l’intégrité des œuvres générées par IA, notamment
au regard de problématiques telles que la transparence,
la compensation et la valorisation, entre autres.
Il sera essentiel de réfléchir à ces questions de fond
et à d’autres, afin de permettre à l’art généré par IA
de devenir un bien commercialisable, mais au vu du
faible niveau de réglementation du marché de l’art, le
développement d’une place de marché crédible peut
s’avérer complexe.
J’espère que vous lirez ce rapport avec intérêt et nous
sommes impatients d’évaluer dans nos prochaines éditions
comment ce pan du marché de l’art va se développer.
CONCLUSION
Conclusion
Ce rapport esquisse la promesse d’un bel avenir
pour l’art généré par IA, tout en mettant en lumière
ses défis à surmonter. Une nouvelle génération de
collectionneurs et d’amateurs d’art montre un intérêt
grandissant pour ce support novateur, mais les
collectionneurs traditionnels demeurent sceptiques
quant à son potentiel.
L’optimisme affiché par les nouveaux acheteurs d’art
et les amateurs d’art pour l’art généré par IA présage
un marché florissant à l’avenir. L’évolution du marché
de l’art NFT au cours des trois dernières années laisse
penser que la demande pour l’art numérique généré
par IA existe, car le marché des NFT s’est développé
en parallèle du marché de l’art traditionnel grâce à
une nouvelle génération de collectionneurs qui, bien
souvent, délaissent les formes d’art traditionnelles.
Les principales préoccupations qui, pour l’heure,
freinent l’expansion du marché de l’art généré par
IA, concernent son rapport à la créativité humaine, et
notamment la mesure dans laquelle il imite ou même
reproduit les œuvres d’art créées par l’humain, la
question de la juste rémunération des artistes originaux
et le risque que le public ignore qu’une œuvre a été
créée au moyen de l’IA.
Il est primordial que ces inquiétudes soient clairement
et honnêtement prises en compte pour établir l’intégrité
et instaurer la confiance dans le marché embryonnaire
de l’art IA. Un ensemble de mesures juridiques,
techniques et éducatives devraient être prises pour
encadrer le rôle de l’IA dans la création artistique et
garantir sa différenciation sans équivoque par rapport à
l’art créé par l’humain. Ce n’est qu’ainsi que le monde
de l’art pourra mettre en place un marché responsable,
honnête et juste de l’art généré par IA à l’avenir.